d'Ille-et-Vilaine

LAIT

Lettre ouverte aux syndicats agricoles de Bretagne: pour sortir durablement de la crise laitière, les producteurs doivent se doter d’objectifs communs et d’une stratégie collective !

28.06.2017 Dans une lettre ouverte adressée aux syndicats agricoles de la région et à leurs sections départementales, la Confédération paysanne de Bretagne et localement la Confédération paysanne d'Ille et Vilaine invite à un travail en commun pour sortir de la crise laitière. Sur la base de revendications émises par le syndicat , la conf' propose de s'unir pour les porter collectivement auprès des législateurs et des élus.

La section laitière de la FDSEA* 22 s'est invitée légitimement, mardi 30 mai, à la session de la Chambre d'agriculture régionale pour interpeller les administrateurs de coopératives, les représentants de l'État et les différents élus présents « sur l'urgence de la situation et l'impatience des éleveurs laitiers » qui vivent une crise sans précédent. Les costarmoricains étaient venus nombreux, les mines tendues. Chacune de leurs interventions témoignait de ce mal-être que nous connaissons si bien dans les campagnes : prix trop bas, pas de reconnaissance du métier, relations tendues avec les partenaires.

Nous autres, éleveurs laitiers, devons recevoir un prix rémunérateur pour notre travail !

Et le prix payé depuis 2 ans ne l'est pas ! comme en témoignent les résultats comptables des clôtures au dernier trimestre 2016 : un prix payé à moins de 300 € contre un prix d'équilibre moyen à 340 €/1000 l. Soit en moyenne un résultat courant à 5 500 € par unité de travail familial !

Si les transformateurs ne sont pas capables de payer vite et durablement aux producteurs un prix qui couvrent leur cout de production et leur donne un revenu, le rythme de disparition des fermes va s'accélérer et ils auront un vrai problème d'approvisionnement de leurs outils industriels !

L'objectif des producteurs est d'avoir un prix qui ne redescende plus jamais en dessous de 340 €/1000 l sur l'année !

Maintenant nous ne pouvons nous contenter de le décréter, nous devons nous battre pour mettre en place les mesures qui le permettent.

Pour la Confédération paysanne, il y a 4 revendications à porter collectivement en urgence auprès des législateurs et élus :

1)      Se doter d'outils de régulation des volumes pour adapter l'offre à la demande au niveau européen. Les producteurs ne doivent pas s'adapter à la volatilité, c'est incompatible avec les investissements et la gestion des structures. C'est aux politiques de stabiliser le marché !

2)      Définir par voie législative la notion de prix plancher pour empêcher la vente à perte comme c'est le cas dans d'autres secteurs

3)      Redonner du pouvoir aux producteurs dans la négociation du prix et la gestion des volumes. Cela ne peut se faire que s'ils sont tous regroupés dans une OP transversale par bassin, et non pas s'ils sont concurrents via les OP verticales de leurs laiteries

4)      Accompagner techniquement et financièrement les producteurs pour aller toujours vers des systèmes plus autonomes, plus résilients face aux crises.

Nous appelons l'ensemble des syndicats à nous rejoindre pour porter ensemble ces propositions. Dans le contexte politique actuel, un front commun aurait un poids certain.

Devant l'urgence de la situation, mettons-nous autour d'une table ! pour la défense des producteurs de lait, dépassons les rivalités syndicales !

 

Pour contacts :

 Ille-et-Vilaine / Eric Duverger : 06.74.48.92.37