d'Ille-et-Vilaine

FONCIER

Positionnement de la Confédération paysanne face à une éventuelle proposition de partage du foncier concernant le projet de parc d’attraction Avalonys.

01.11.2017 Lettre au président du comité technique de la SAFER Ille et Vilaine

Monsieur Bignon,


Nous vous avons fait connaitre, par un courrier intersyndical envoyé le 25 août, notre position concernant le projet de parc d'attraction porté par Enez Aval sur la commune de Guipry-Messac.


Nous revenons vers vous car nous tenons à ce que vous sachiez que nous ne lâcherons rien sur ce projet. Il s'agit pour nous d'un non sens culturel, environnemental et économique. Aussi, nous tenons à vous faire savoir qu'aucuneproposition de compensation ou de répartition du foncier entre le porteur de projet et les agriculteurs ne trouvera crédit à nos yeux. Pour nous, pas un hectare des terres de Corméré ne devrait être destiné à la construction d'un parc d'attraction. Il pourrait sembler équitable de partager les espaces, à cela nous répondons que non, l'accaparement des terres agricoles doit cesser, ceux-ci doivent désormais être protégés.


La population ne cesse de croître et la demande sociétale s'oriente vers des modes de productions extensifs et des fermes à taille humaine, respectueuses de l'environnement. Pendant plusieurs décennies, un développement immodéré des bourgs et des zones d'activités à entrainé la perte de milliers d'hectares de terres agricoles. Les collectivités, les politiques et les institutions semblent avoir pris la mesure du problème... dans les discours. Mais dans les actes on n'est encore bien loin d'une réelle sobriété foncière. Il est grand temps de faire correspondre les actes avec les paroles et de refuser clairement et simplement ce type de projet en rase campagne.


Nous savons que certaines fermes localement vont se « libérer » dans les années à venir. Mais quand certains y voit l'opportunité de compenser des pertes de foncier, nous voyons la possibilité d'installer des jeunes et de dynamiser le tissu agricole local. Il faut être réaliste, ce n'est pas en supprimant des sièges d'exploitations et en favorisant le démantèlement de fermes entières que nous enrayerons la baisse du nombre d'actifs agricoles.


Sachez, M. Bignon, que nous ne lâcherons pas sur ce dossier. Nous durcirons le ton jusqu'à être entendus. Il est indispensable que la SAFER prenne ses responsabilités et tienne une position ferme en faveur de l'agriculture. N'est-ce pas là votre mission première ?


Dans l'attente d'un retour de votre part, nous vous prions d'accepter, M. Bignon, nos sincères salutations.

Pour le bureau de la Confédération paysanne, Didier Massiot, porte-parole